D’origine souabe le château de Torella del Sannio a eu beaucoup de modifications le long des siècles. On dit qu’il fut construit sur un lieu sacré, sur les ruines d’un ancien site monastique :La cave se ressemble à un réfectoire et les fouilles ont démontré la présence d’ossements dans la tour adjacente à l’église-mère :Ensuite un bourg fortifié fut bâti dont le château était le noyau :La vie du village se déroulait à l’intérieur de l’enceinte, qui est encore visible. La maison Cammarano qui abrite l'atelier de l'artiste Elena Ciamarra demeure dans la partie la plus ancienne du bâtiment, avec la tour carrée qui était en origine, plus haute :à l’extérieur sur le mur le blason de la famille Francone, propriétaire du fief en 1600.L ‘entrée se situe dans l’ancienne ruelle Sottopalazzo à la place de l’ancienne enceinte dans la quelle beaucoup de maisonnettes ont été creusées le long de l’histoire.
A droite de l’entrée sur le mur un plaque en souvenir de Elena Ciamarra, peintre et musicien (1894-1981) fille de Giacinto.La maison paternelle fut pour l’artiste le lieu le plus aimé ; elle y demeurait longtemps peignant visages et visages et où elle y revint très vieille et malade peu de temps avant son décès. Sur la plaque on lit : »meurs et transfigures-toi, tu n’es qu’un ôte sombre sur la terre obscure » ; l’homme mortel dans son passage sur la terre est un intrus inconscient, hanté souvent de passions incontrôlées et anonymes: C’est seulement par la connaissance qu’il peut transcender la matière qui le renferme et sa pensée devient immortelle. Dans la court à droite il y a la cave, restée intacte depuis le moyen âge :Il y a des traces de fresques sur la voûte, reproduisant un sarment de vigne. Les tonneaux datent du 19ème ,elles sont très grandes qui nous rappellent le temps où la cave se remplissait des voix joyeuses des vendanges ;il y a aussi les bacs pour la conservation de l’huile et les vases en terre cuite plusieurs fois recollés à cause des chats amis bien aimés du château ;au fond de la cave, le pressoir à vin en chêne :Anciennement, il était rempli par le raisin et les vignerons y montaient pour le presser pies-nus :Le jus sortait par le devant et tombait dans les cuves ; le soir, c’était la fête, tous ensemble avec des bons plats campagnards arrosés de vin bourru
Derrière les tonneaux, en montant quelques marches, à demi caché dans l’ombre il y a l’entrée des petites chambres où logèa un ancêtre appartenant à la Massonerie :Ses armoires et ses souvenirs furent volés par quelque témeraire ne craignat pas les fantômes. Toujours dans la cour la statue de Antonio Ciamarra,le frère de Elena qui fut un héros de la Grande guerre et président des médailles d’or italiennes. Aux nostalgiques des aventures nous racontons que ce patriote, âgé de vingt ans dans la tentative de renvoyer un obus dans les tranchées de l’ennemi sut gravement blessé et perdit un bras: Mais il guida également son bataglion à la victoire avant de s’écrouler au sol; on le crut mort et son bras fut enterré dans le cercueil de sa mère qui venait de mourir. Son oncle le retrouva vivant dans un tas de cadavres.
Face à la statue ,le lys de France souvenir des vignobles de Bourgogne. En montant l’escalier à droite une porte noir qui abrite l’ancienne prison, maintenant c’est la laverie ,faute de prisonniers. A côte un petit couloir amène à la bibliothèque inferieure :Un bric à brac de livres anciens, tableaux, documents journaux photo : à découvrir pour les amateurs.
Et nous voila dans la maison. Nous Rentrons dans l’ancienne cuisine du château avec la grande cheminée en pierre de Oratino ;dans l’ombre surgit la copie de l’ »Erasme da Rotterdam »(E. Ciamarra) :Sur une étagère à côté les « scattoni » les grandes tasses où l’on buvait le vin chaud avec les nouilles et le piment,très efficace contre le froid et la mélancolie ;en face,le pétrin et le vaisselier ;le lustre est la copie de celui de Martin Luther à Eisenek dont E.Ciamarra fit un croquis pour le faire reproduire par un forgeron du village.
Cette chambre a cinq portes :La porte noire donne sur le glacis.Peuplé toujours de corneilles il est ouvert sur la vallée du cimetière et du Colle Scescia,la vu en partie cachée par le volume de la Paroisse. On dit qu’il y eut un litige entre deux cousin de la famille Ciamarra :Un archiprêtre et le châtelain et que le prélat fit rehausser l’église ;sur le glacis il y a le jardin,à surplomb sur les maisons :Cet ensemble d’architectures si riches d’histoire est toujours en danger :Trop d’habitants de Torella ont renié leur histoire, persuadés que le centre historique c’est à détruire : De temps en temps un morceau se perd sans raison :Ainsi finit dans une nuit la petite chapelle dix-huitième face au cimetière :à sa place, une coulée de béton ;l’angelot en pierre qui veillait sur l’entrée, les yeux mélancoliques la dernière nuit de ses compatriotes a été récupéré par des mains pieuse dans les débris git aujourd’hui aux pieds d’une croix de fer sinistre et disgracieuse :Paix à son âme.
Nous rentrons maintenant dans la chambre de Elena Ciamarra.La fenêtre est encadrée per le rosier sauvage qu’elle aimait,les livres partout, la palette accrochée avec son chapeau de paille et son piano.Sur les murs tableaux à l’huile, croquis, les visages des gents de Torella d’une époque lointaine,vivants par le coups de pinceau de l’artiste avec leurs yeux un peu tristes, mais pleins de vie,les mains déformées par le labour.
Tout Le monde se souvient de cette dame réservée, simplement habillée qui descendait avec ses enfants pour faire les emplettes entourée par les gamins du village qui demandaient de poser et recevoir en prix une pomme ou une « mezza lira ». Elena Ciamarra peignait seize heures par jour.Chaque famille du village peut retrouver dans ses portrait le visage d’un grand-père, e souvent un visiteur stupefié et ému se voit lui-même adolescent.
A côté du lits il y a ses notes de musique.Elena Ciamarra eut le diplôme de composition et direction d’orchestre .Dans l’archive est abrité un quartet autographe composé per elle qui fut executé pour la première fois lors l’exposition en son honneur à Campobasso en 1996.Dans les coffres sont abritées les œuvres qui n’ont pas trouvé la place au murs.
Elena Ciamarra mourut le 10 décembre 1981 ; quelques mois avant elle avait salué la dernière fois sa maison bien aimée. Son dernier autoportrait est accroché dans la salle à manger parmi les autres :Il témoigne en même temps une synthèse formelle très avancée et son monde intérieur de vieille artiste affaiblie, mais toujours attentive à la réalité. A gauche sur la console, la copie de l’ « adieu au monde » de Bruegel, fameux tableau du sage au manteau sombre qui avance vers la solitude pendant qu’un individu inscrit dans un globe lui vole le cœur : »puisque le monde m’a déçu, je l’abandonne ».
Elena Ciamarra fit dans sa jeunesse beaucoup de copies de tableaux :Grâce au critique d’art Angelo Conti, directeur du musée de Naples elle avait accès à toutes les pinacothèques d’Europe pour travailler sur place.
Sur la cheminée, le portrait de l’ancêtre Gennaro Ciamarra qui acheta le château au prince Caracciolo dont il était administrateur. Il a été peint par un certain monsieur De mita , artiste peintre spécialisé en portrait en série.
Dans la salle suivante la grande bibliothèque abrite les écrits de Giacinto Ciamarra, reliés en volumes en cuir.Presque toute l’histoire du Molise entre la fin du XIX e le début du XX° siècle est là . Au fond le grand tableau,la copie du Paolo III de Titien et la gran piano.
Il s’agit d’un Steiweg daté 1900 ,un exemplaire très rare. Elena Ciamarra y jouait tous le jour et les notes de la « Chaconne » de Bach, des « Romances » de Mendelssonn,de la « Pathétique » de Beethoven roulaient le long du silence de la campagne jusqu’à la vallée .
Quelqu'un dit que,dans certains après-midi du printemps, et il n’y a personne au château,en se promenant dans la ruelle on peut entendre un son merveilleux d’un piano lointain….
Le masque funèbre de Beethoven veille les souvenirs :A côté le portrait à fusain d’un bébé,tendrement figé ;c’est Leonardo, ainé de Elena. A gauche, la copie d’un détail de « l’adorazione dei Magi » de Tintoretto.
La pièce suivante est encore un atélier de peinture, mais aussi bibliothèque,lieu de méditation abritant beaucoup de souvenir de famille ;également son là les livres de monsieur le comte Ladislas Posphay qui séjourna plusieurs fois au château.Dans l’armoire l’ancienne robe d’avocat de G.Ciamarra et une robe traditionnelle de Torella.On dit que la fenêtre soit hantée per une jeune fille aux cheveux noir assise pendant la nuit, les pieds dans le vide ;sur la tour par contre, quelqu'un a rencontré un monsieur distingué avec une longue barbe l’air affairé qui doit probablement logé dans le mur vu qu’il disparaît toujours dans la paroi après avoir poliment salué .Du haut de la tour la structure à escargot du village est entièrement encadréé par la fenêtre ovale de la chambre bleu :On perçoit l’ensemble des toits et des pierres,leur beauté dépourvue d’ ornement,les odeurs et les voix des champs :D’ici,il est évident que le château et ses environs ont un lien intime :L’un vit tan que l’autre existe,en un dialogue perpetuel dans les siècles que la violence et le manque de culture peuvent détruire à tous moments.
La visite s’arrête .Les voyageurs pourraient découvrir bien d’autres choses,les historiens examiner les lettres et les paperasses , interroger les objets, les souvenirs et les ombres.
A tous les visiteurs nous demandons simplement, si cette promenade dans le passé vous à émus, d’en parler, d’en raconter pour que l’histoire et la beauté ne soient plus effacées non seulement à Torella, mais dans tous les lieux du monde où demeure un souffle de mémoire ;
Bien de choses ont été perdues en Italie, et d’autres peuvent disparaître :Il faut les sauver à travers une prise de conscience collective :Cette conscience est à cultiver ,à nourrir à diffuser avec patience et constance. L’identité d’un peuple existe tant que sa mémoire existe et tant que les valeurs et la beauté sont respectées. Sans quoi elle se flétri ;sans quoi elle meurt : Et l’avenir n’a plus d’espoir, ni de couleurs, ni de poésie.