Le nez de l´indien

Le nez de l´indien

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Mathilde dit :

"Direction la Nariz del Indio, le nez de..."

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20 Avril 2008

Direction la Nariz del Indio, le nez de l'indien, une montagne qui plonge directement dans le lac Atitlán, au Guatemala.
Formé dans un cône de volcan effondré, le lac est impressionnant, il fait près de 128 kilomètres carrés, et est entouré de volcans et de collines colorées.
Le sentier va nous mener au sommet de la crête : sur le nez de l'Indien. " La Nariz del indio " doit son nom au visage que la crête de la montagne semble dessiner dans le ciel, le profil d'un homme couché : le front, les yeux, le nez (le plus haut pic), la bouche et le menton.

Environ 1000 mètres de dénivelé, que nous parcourons à travers un chemin de terre creusé par les Indiens pour passer d'un versant à l'autre, parfois à peine plus large que les épaules et profond de la taille d'un homme. Le sentier monte sec, créant par endroit des escaliers de roches conçus pour des géants. Nous sommes partis tard, et le soleil est déjà haut dans le ciel, réchauffant les plants de maïs et de café, et nous par la même occasion.

Pendant que nous grimpons notre route croise celle des Indiens du village de Santa Elena, situé sur l'autre versant, qui dévalent la pente en sautillant. Enfants ou adultes, ils travaillent de l'autre côté du Nez et font matin et soir ce même trajet. Ils nous saluent d’un large sourire, accompagné d’un « buenas tardes… nos vemos ! » (bonjour… à bientôt !) D'autres s'échinent à cultiver le maïs et le café sur les maigres terres arables qui bordent le sentier, à plus de 800 mètres de dénivelé de leur maison, sur des pentes à près de 70°. Les terres les plus pauvres, les salaires les plus misérables, et, pourtant les plus beaux sourires du monde. Ils portent des charges plus lourdes qu’eux à travers ce chemin que nous avons du mal à emprunter, avec 2 kilos sur le dos.

Le lac scintille au détour du chemin, de plus en plus raide. Nous atteignons le sommet au bout de trois heures de marches, épuisés mais émerveillés par le spectacle du lac. Nous n’aurons rencontré ni voleurs, ni brigands, juste des gens d’une gentillesse inouïe, d’une pauvreté qui n’a d’égal que leur amabilité.

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