Suramerica

20 Juin 2009, je prends un aller simple Paris - São Paulo sans aucune idée d'où aller.

14158_30x30_2 Auteur de ce blog : Antoine D'Audigier
  • Jeudi 9 Juillet : Ascension physique

    20 Juillet 2009

    Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE Je me réveille tout naturellement vers neuf heures et demi.
    Je prends une douche et me rend compte que mes fringues et ma serviette ne sont toujours pas secs et qu'ils sentent sérieusement l'humidité.
    Je vais déposer mon grand sac à dos dans le local de l'auberge Bella Vista. Ce n'est pas Fransisca qui est à l'accueil mais tout se passe naturellement comme si j'étais un client de l'auberge.
    C'est vers le Nord de Santiago que se fait ma promenade aujourd'hui, de Bella Vista à la Vierge de Santiago au niveau de Cerro San Cristobal. Il y a un funiculaire pour y accéder mais pour une fois que mes sacs à dos ne m'alourdissent pas le pas, je préfère marcher.
    Il y a plusieurs moyens de grimper à pied cette colline. Après réflexion, j'aurais peut-être dû éviter le sentier d'excursion sur lequel était indiqué le niveau de difficulté « alta » qui coupe la route pour grimper plus vite mais aussi de manière plus ardue jusqu'au sommet. C'était encore moins judicieux de couper ledit sentier à travers d'autres carrément moins bien balisés.
    Finalement, c'est de la boue et des gravillons plein les mains, les fesses et les genoux qui marqueront mon ascension. Ladite ascension. se fait sentir moins par sa difficulté que par la rumeur urbaine qui devient de plus en plus vague.
    Du haut de la colline, on se rend compte du smog qui plane sur Santiago. On ne voit pas l'horizon, on le distingue de temps à autre. Je prends des photos et me rend compte d'un bruit inhabituel sur mon objectif au moment de démarrage de l'appareil photo, de son extinction et de sa mise au point automatique. La mise au point manuelle se fait également plus délicate et il faut forcer un peu. Ca va être coton pour m'en servir dans les lieux où le silence est préférable. De plus, je risque de perdre en crédibilité en tant que rédacteur au matériel défectueux.
    Je peux toujours prendre des photos avec, cela dit, et je ne m'en prive pas.
    Au niveau de la vierge, une chanson religieuse semble chantée par une quelconque Céline Dion, sur un air similaire tout du moins.
    Je redescend par un autre chemin, Zorro quelque chose, pour retourner vers l'auberge à 17h.
    Francisca, à l'accueil : Tu n'es pas parti ?
    · Je voulais te dire au revoir et te remercier !
    Son visage s'illumine.
    · Oh, c'est sympa !
    Je reprends mes affaires et marche jusqu'à la place d'armes, que je n'avais pas encore vue.
    C'aura été une bêtise.
    En passant dans les rues piétonnes, je tombe sur un magasin d'appareil photo. J'y vais pour acheter un lecteur de carte mémoire universel – ma carte étant sur le point de me dire Tilt – et demande ce qui se passe avec mon objectif.
    Suite à une méchante erreur de conversion monétaire, il fallait bien que mes lacunes en math me fassent défaut un jour. Je m'achète un objectif bien meilleur que le précédent mais surtout plus cher que ce que m'a coûté mon réflex numérique :je l'ai payé 450 euros au lieu de la trentaine que je pensais avoir à dépenser.
    Le radin qui m'habite a le coeur qui se serre.
    Je prends le métro direction le terminal de bus puis le bus pour Valparaiso. Je n'ai toujours pas de voisin de siège.
    Arrivé à Valparaiso vers 21h, je ne sais pas encore où je vais passer la nuit.
    Je vois un couple de voyageurs dont le garçon a un sac Quechua. Comme il me semble que la marque est typiquement française, je l'aborde et je touche juste.
    « - Vous arrivez ou vous êtes sur le départ ?
    · On part sur Santiago.
    · Et vous créchiez où par ici ?
    · Dans une auberge de jeunesse vraiment d'enfer, pas chère du tout en plein centre ville. Ca s'appelle Licanantay, les mecs sont trop sympa, c'est super convivial. Franchement, vas-y ! »
    Ils m'indiquent la direction pour m'y rendre, je prends un collectivo pour y accéder.
    En y arrivant, je ne suis pas déçu. Je sonne et attends quelques secondes, les bruits de pas rapides dans les escaliers indiquent qu'ils n'ont pas de système d'ouverture à distance. Quand la porte s'ouvre, je rencontre Pedro qui fait partie du staff. Son « Hola » se détache à peine du fond musical qui parcourt les pièces de l'auberge. Rien à dire, ça a un côté sympathique.
    Je prononce le speech que je commence à connaître par coeur : « Hola, trabajo para un guia turistico francés y quiero saber si es posible de sacar fotografias de aca para escribir un articulo. » Claro, qu'il me répond. On me présente le personnel : Gonzalo, le jeune directeur, Pedro, donc, et Victor, un jeune Français qui rentrera bientôt en France.
    La session photos effectuée, j'ai bien envie de rester ici à rencontrer et à discuter avec tout le monde. Parmi les clients, il y a Claire et Gaëlle, qui viennent de Suisse, Frida, de Norvège, Sabine, d'Allemagne, comme Krystof – dont j'écorche sûrement l'orthographe – Pilar, la ravissante petite amie chilienne de Victor.
    On passe le début de soirée – de 22h à 1h du matin, donc – à discuter de la vie Chilienne et de voyages en général. Tout le monde se débrouille pour parler espagnol, même ceux qui ne connaissent la langue que depuis moins de deux semaines.
    Je parle de Santiago et de son smog inquiétant. « Il y a une solution qui a été trouvée pour Santiago, qui va bientôt être mis en place. Tout un système d'échappement vers le Sud, ce ne sera plus le souci de Santiago. Merci notre système libéral. »
    Plus tard, nous partons en boîte avec Victor, Pedro, Pilar, Frida, Sabine, Gaëlle, Claire et Krystof. Une délégation internationale de haut niveau.
    Sur le chemin je vois la mer et je m'émeus. « C'est la première fois que je vois l'Océan Pacifique... »
    La Sala est une boîte que j'apprécie dès les premiers pas. C'est enfumé de partout mais les gens sont super sympathiques. En plus, le fait que Pilar nous fait entrer gratuitement (au lieu des 2000 pesos habituels) me motive davantage.
    A 4h, la boîte ferme sans qu'on ait vraiment vu le temps passer. Il ne reste guère plus que Gaëlle, Claire, Krystof et moi. Les deux Suissesses se sont trouvés des compagnons. Krystof pour Gaëlle et Gabrielo, un jeune chilien, pour Claire.
    Ce dernier nous fait part d'un lieu où on peut aller consommer une after comme il se doit. C'est une petite boîte clandestine qui doit avoir une surface inférieure à 60 mètres carrés mais j'y rencontre plein de monde. On y restera jusqu'à 6h du matin.
    En rentrant à l'auberge, je me rends compte que je ne sais pas si je peux y dormir... J'installe donc tout naturellement mon sac de couchage sur le sol et y passerai la nuit.

    Villes : Santiago, Valparaiso

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