Suramerica
20 Juin 2009, je prends un aller simple Paris - São Paulo sans aucune idée d'où aller.
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Mardi 7 Juillet : Les vagabonds
20 Juillet 2009Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE Je me réveille dans l’herbe humide et froide, il fait encore nuit, je suppose qu’il doit être près de cinq heures du matin.
Villes : Santiago
Je refais un tour des camions pour demander à aller vers le Chili et j’obtiens enfin une réponse positive.
L’autre auto-stoppeur me salue, je lui souhaite « Buena Suerte ».
Le routier, Jose, me reçoit royalement dans son camion mais je ne pensais pas y passer autant de temps. J’ai vu le soleil se lever et se coucher sur la Cordillère des Andes. Embouteillage de camions, j’en reconnais certains qui avaient refusé de m’emmener quelques heures plus tôt.
Avec Jose, mon espagnol prend forme, on se raconte des blagues, je ne les comprends pas toutes mais cette douzaine d’heures à passer à discuter m’apprend beaucoup.
Il me raconte l’histoire des lieux, de ce qu’il connaît du Chili et de ce que nous rencontrons sur la route.
Il me dépose dans la première ville de taille respectable, de nuit donc, après la frontière.
Je commence à faire du stop et on me prend pour un mendiant… et on me donne de l’argent. De quoi payer le bus jusqu’à Santiago.
Je ne me fais pas prier.
Arrivé à Santiago, je me sens exténué de cette journée dans les hauteurs chiliennes. Je recherche où dormir en interpelant directement les gens. Je tombe sur Francisco qui parle français pour avoir étudié au Nord de Paris et qui – malgré toute sa bonne volonté – ne peut pas m’héberger. Il me conseille d’aller vers l’Université du Chili qui se situe vers la Station Centrale de Bus de Santiago. Je m’y rends en métro après qu’il m’ait laissé son numéro de cellulaire et quelques unes de ses provisions.
Au lieu dit, je demande encore aux passants s’ils savent où je peux passer la nuit gratuitement. La plupart m’indique l’Hogar del Christo.
Hogar del Christo, c’est un refuge pour ceux qui vivent dans la rue. Devant la porte d’entrée attendent deux SDF avec qui je sympathise. On frappe à la porte et on m’ouvre, j’explique rapidement ma situation de voyageur sans argent et je dis que j’ai un sac de couchage. On me laisse entrer.
Je dors dans un des grands dortoirs plein de sans abri. Ca sent la misère, je dors sur un morceau de mousse mais au moins, j’ai un lit. Ce n’est pas tant l’odeur qui m’incommode. Ce sont les toux qui ponctuent ma nuit. Je crois que je n’ai jamais eu aussi peur de choper la grippe porcine de ma vie.
Comme le bâillement, la toux est contagieuse par sorte d’empathie sociale – c’est ce que me répétait souvent l’un de mes colocataires étudiant en fac de médecine. Je me force à ne pas tousser. Jamais.
Je me couche en cachant mes objets de valeurs dans mon sac de couchage.