Suramerica
20 Juin 2009, je prends un aller simple Paris - São Paulo sans aucune idée d'où aller.
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Mercredi 1er Juillet : Vers notre but et au-delà !
15 Juillet 2009Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE MicrosoftInternetExplorer4 On se réveille assez naturellement quand je pose une question à Christelle : « Dis... Santa Fé, c'est le terminus ?
Villes : Santa Fe
· Ben, oui... »
Bref échange de regards, lueur d'inquiétude, Christelle va demander... Le bus s'arrête, elle revient. « On a loupé l'arrêt il y a dix minutes ! Qu'est-ce qu'on fait ?
· On descend ! »
Il est environ cinq heures du matin et bien que j'ai dormi pendant tout le trajet, je sens bien que je ne suis pas assez reposé.
« Allons chercher un coin où finir notre nuit. »
Ledit coin tombe à pic : une petite cabane en bois nous attend sur le bord de la route. La raison est assez simple, c’est devant un constructeur de cabanes qu’on se trouve et c’est bien un modèle témoin qu’on choisit pour trouver refuge.
Après tout, il n’y a pas meilleur moyen pour tester le produit !
Il y a un loquet qui nous permet de nous sentir plus ou moins en sécurité, l’isolation au froid et au bruit, par contre, il faudra la revoir. Comme nous nous trouvons en bordure de route, la nuit est loin d’être paisible et on se dit qu’on ne dormira pas…
On se réveille fraîchement, trois heures plus tard, avec une petite animation idéale pour bien se réveiller ! Les premiers travailleurs du centre de construction de cabane arrivent et attendent devant le portail. On essaie de rassembler nos affaires le plus silencieusement possible, en attendant qu’un véhicule bruyant passe pour couvrir le bruit de notre préparation.
Le tour est joué, nous sortons de la cabane comme deux fleurs, l’air de pas grand-chose, devant les regards interloqués des travailleurs.
C’est une bonne journée qui commence.
On fait un peu de stop pour être déposé à midi à Esperanza, exactement dans la ville que nous voulions atteindre pour rejoindre Clément, un camarade de classe de seconde de La Réunion.
Je l’appelle depuis une station service. On me répond en espagnol. « Hola, Clément est là ? »
Temps de latence mais on finit par me le passer.
« Hola ?
- Yep Clément, je suis à Esperanza avec ma copine ! On se capte ?
- Okay, on se retrouve où ? »
Brève remémoration de ce que j’ai pu distinguer d’Esperanza.
« Devant l’église, par exemple ; celle à côté du parc.
- Okay, je viens te chercher. Je suis là dans dix minutes.»
Christelle me regarde d’un air soucieux.
« Qu’est-ce qu’il y a ?
- Antoine, il y a deux églises d’une part et de l’autre du parc, il va nous chercher où ?
- Oh, il va supposer que je parlais de la plus jolie ! Ah ah ah ! »
Ah ah ah… Mauvais pronostic. Vingt minutes plus tard, pas de Clément devant l’église.
« Il ressemble à quoi ton pote ? »
Six ans que je ne l’ai pas vu, il peut avoir pas mal changé.
« Dans mes derniers souvenirs, il ressemble à un mammifère marin. Mais un gentil, hein ! »
En attendant, deux policiers s’intriguent de notre présence devant l’église. C’est qu’Esperanza est une petite ville et que les étrangers sont vite aperçus. Clément arrive pendant le contrôle de papiers : « Désolé, comme je voyais la station service à côté de l’église protestante, je suis allé vous chercher par là-bas. »
Il me semble qu’à ce moment, je n’ai pas besoin de la regarder pour sentir le poids des yeux de Christelle sentencieusement rivés sur moi.
On passe une journée tranquille, on se promène, on mange, on va sur Internet, on rencontre Maria la copine de Clément et un de ses colocs.
On se promène sur les bords de l’étang du parc d’agriculture d’Esperanza. Et ça fait du bien de ne pas passer la journée sur la route. On se détend complètement.
Quand vient le soir, on se mange des pizzas, on passe la soirée ensemble et Cristelle et moi partons prendre le bus pour Buenos Aires – que Christelle voulait visiter depuis quelques temps.