Suramerica

20 Juin 2009, je prends un aller simple Paris - São Paulo sans aucune idée d'où aller.

14158_30x30_2 Auteur de ce blog : Antoine D'Audigier
  • Vendredi 10 Juillet

    20 Juillet 2009

    Normal 0 21 false false false FR X-NONE X-NONE Je me réveille à 9h30, je veux rajouter mes photos aux articles écrits – ou ébauchés – à Santiago. Je me rends compte que mon transfert de la veille n'a pas fonctionné... j'ai effacé toutes les photos de ma carte et il ne me reste qu'une dizaine de photos sur plus de 2000 que j'avais prises depuis mon départ.
    J'ai connu des réveils moins difficiles. Celui-là me donne l'amertume d'avoir travaillé vainement. Je culpabilise pas mal. En plus, je me rends compte que j'ai aussi perdu mon téléphone dans la bataille.
    Je quitte Licanantay comme un voleur parce que personne n'est debout si tôt pour me remettre en selle aussitôt. Pour passer à autre chose.
    Je vais dans les rues de Valparaiso, vais d'auberges en restaurants pour me faire une idée des prix .
    C'est sur Cerro Concepcion que j'ai trouvé les auberges les plus sympathiques ainsi que les moins coûteuses. Cette colline est fantastique: en plus de la vue, je n'aurais jamais cru qu'une telle agglomération de maisons pouvait me toucher autant. Tout est couleurs, arts, constructions de maisons en bois sous tôle sur lesquels sont posés de superbes graffitis.
    En entrant dans une des auberges qui se trouve sur la descente de Cerro Concepcion au centre ville. Je croise Victor et sa copine avec qui je me retrouve à manger dans une gargote familiale, peu éclairée, pas transcendante mais pas chère, en tout cas.
    Je fais un saut à Licanantay, où je croise Gonzalo et Pedro : « Mais pourquoi tu as dormi par terre ? Tu aurais dû prendre un lit.»
    J'ai d'étranges valeurs, je le reconnais volontiers.
    Après m'être promené vers la cathédrale plutôt chiche de Valparaiso, et dans ses parcs animés, je retourne à l'auberge où de nouvelles personnes sont arrivées, dont deux australiennes avec qui je sympathise pas mal.
    On boit ensemble, on discute politique et voyage avec de la musique forte. Pedro me dit qu'il y a un bus qui part à La Serena vers minuit.
    Je passe une chouette soirée jusqu'à dix heures et me rend au terminal.
    « Désolé, me lance un guichetier dont la fin de journée creuse les joues et les cernes, mais le bus pour La Serena est complet, allez voir d'autres compagnies. »
    D'autres compagnies, il y en a. mais elles ne sont pas vraiment en nombre et la plupart sont fermées.
    Une d'entre elle me signale que leur bus pour La Serena est parti il y a trente minutes.
    Bien, bien, bien... Je me prépare mentalement à passer la nuit sur la route, à essayer d'avaler le plus de distance possible quand je vois un bus à l'arrêt sur lequel est écrit «La Serena ».
    Ce serait trop beau, j'y vais à tout hasard.
    « Oui, oui, on va à la Serena dans dix minutes, il reste de la place et ça coûte 10 000 pesos.
    · Vous prenez la carte ?. »
    La réponse est non mais il y a un distributeur à l'autre bout du terminal. Course folle contre laquelle je crains de me faire battre par une vulgaire horloge, les sacs ballottant dans tous les sens et la cheville qui rechigne.
    Finalement, je peux sauter dans le bus et achète mon ticket à l'intérieur.
    A côté de moi, un mec, Jonathan, chilien et artiste de rue dans le domaine de la jongle, vêtu de vêtements rayés et colorés, me dit qu'il est aussi sur la route de La Bolivie mais qu'il n'a clairement pas assez d'argent.
    On parle de niñas, de voyages et d'aventures pleines de lendemains.
    On finit par s'endormir rapidement.

    Villes : Valparaiso
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